Entreprendre plus
Beaucoup de choses ont évolué depuis la fondation de l’A EE en 1996. A l’époque, les énergies renouvelables et les économies d’énergie étaient encore considérées comme une utopie , mais les discussions sur le climat, le scepticisme grandissant face à la dépendance aux énergies fossiles provenant de pays politiquement instables, les continuels prix fluctuants, mais surtout la disponibilité et la rentabilité des technologies des énergies renouvelables ont changé la donne. Nous pourrions faire beaucoup plus avec des informations plus ciblées et une collaboration plus active.
L’objectif prioritaire de l’A EE est d’utiliser de manière cohérente les énergies renouvelables tout en épuisant l’ensemble des potentiels d’efficacité. En participant activement à l’élaboration des conditions cadres régissant la politique énergétique, l’agence protège l’environnement, encourage la place économique et l’innovation en Suisse et crée ainsi des emplois durables, que ce soit au niveau fédéral, cantonal ou communal ou au-delà des frontières.
Dépassée ?
Jamais la Suisse n’a consommé autant d’énergie, soit 900 040 térajoules en 2008. Tous les secteurs ont contribué à cette consommation : les ménages, les industries, les entreprises de services et surtout les transports. Cette soif d’énergie nous coûte 32,6 milliards de francs – seulement les coûts directs – et provoque des millions de tonnes d’émissions de CO2 néfastes pour l’homme et l’environnement.
Les énergies renouvelables – énergies solaire et éolienne, petites centrales hydrauliques, biogaz, biocarburants, chaleur ambiante – permettent de couvrir aujourd’hui déjà une grande partie de nos besoins en électricité et en chaleur sans CO2 et dans des conditions économiquement avantageuses. Le bilan énergétique et climatique suisse aurait pu être tout autre si des normes d’efficacité modernes avaient été appliquées lors de constructions et de rénovations de bâtiments et si une mobilité durable avait été intensifiée.
Malgré des progrès manifestes, le potentiel des énergies renouvelables et de l’utilisation efficiente de l’énergie est sous-estimé délibérément ou par ignorance. Il suffit de jeter un coup d’œil au-delà des frontières pour apercevoir les effets d’une politique énergétique durable. Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les énergies renouvelables en 2000, l’Allemagne a multiplié par cinq la production d’électricité à partir de l’énergie éolienne, par dix la production à partir de la biomasse et par 62 la production à partir de l’énergie photovoltaïque ! Aujourd’hui, les énergies renouvelables (le vent, la biomasse, la chaleur ambiante et le soleil) couvrent près de 10 % de la consommation d’énergie finale des Allemands. L’Allemagne économise ainsi chaque année la quantité inimaginable de 112 millions de tonnes de CO2. Simultanément, l’industrie allemande a atteint un chiffre d’affaires de 28,7 milliards d’euros grâce aux seules constructions et exploitations d’installations d’énergies renouvelables et créé près de 280 000 emplois (source : BMU, Erneuerbare Energien in Deutschland 2008 (les énergies renouvelables en Allemagne en 2008), avril 2009).
La tendance à utiliser les énergies renouvelables et à mettre en place des mesures encourageant l’efficacité énergétique prend de l’ampleur en Suisse également, mais sensiblement plus lentement. A l’heure actuelle, seul 2 % de nos besoins énergétiques proviennent de nouvelles énergies renouvelables (sans compter la grande hydraulique). Selon les prévisions de la loi sur l’énergie (LEne), seuls 5400 GWh d’électricité supplémentaires seront produits à partir des énergies renouvelables d’ici 2030. L’Allemagne dépasse cette valeur depuis 2001 déjà, et cela, année après année. Les États-Unis et d’autres pays investissent également d’énormes sommes pour augmenter la proportion d’énergies renouvelables dans leur approvisionnement énergétique et misent donc sur leurs industries qui sont le plus orientées vers l’avenir. Cette dynamique continuera à se renforcer alors que la Suisse néglige ses opportunités et ses propres intérêts.
Contrairement à ce qui se passe pour la politique des transports, pour laquelle la Suisse compte parmi les pays les plus innovants d’Europe, voire du monde, nous perdons de plus en plus le contact avec les pays qui suivent avec vigueur une politique énergétique renouvelable et efficiente. Pourquoi ?
Beaucoup de choses ont changé, mais il faut faire encore beaucoup plus
En tant que représentante des intérêts des associations et des entreprises, l’AEE encourage le dialogue entres les groupes d’intérêt de la politique énergétique et contribue à développer une démarche commune. Elle informe le public et les décideurs du monde politique et économique sur les développements et les programmes actuels relatifs à une politique énergétique durable. Les associations professionnelles qui lui sont liées fournissent des informations et des conseils sur les produits et les solutions disponibles ainsi que sur la formation professionnelle et la formation continue.



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